Far (West) Niente

Quelques heures de bus depuis Tupiza nous mènent à la frontière Argentine. Notre passeport est rapidement estampillé d’un nouveau tampon et on nous laisse passer sans un regard. En effet, les douaniers sont moins intéressés par les touristes que par les milliers de boliviens qui passent chaque jour ici, légalement ou pas. L’Argentine pour eux c’est un peu l’Eldorado, le voisin riche où un emploi permettrait de faire vivre sa famille restée en Bolivie.

On s’arrête pour la nuit à Humahuaca, petite ville nichée au fond de la quebrada. Ce canyon qui serpente depuis la Bolivie jusqu’à Salta est entouré de montagnes sculptées par l’érosion. Dans ce décor aux airs de Far West, les cactus remplacent les arbres et sont d’ailleurs pour la population, la seule source de bois. Ici, des meubles au plafond, tout est en cactus.

Cinq heures plus au sud, on s’arrête à Salta, la grande ville du nord de l’Argentine. L’ambiance y est sympathique, l’architecture coloniale encore bien présente lui donne des airs de petite bourgade alors qu’elle compte plus d’un demi million d’habitants. On y fait une pause prolongée, l’estomac de Tristan ayant quelques différents avec la nourriture locale…

L’étape suivante, Cafayate est particulière, puisqu’on doit y retrouver Francine, une bonne copine à la maman de Tristan qui habite en Amérique du Sud depuis maintenant plusieurs années. A nouveau la route est vraiment belle, les déplacements depuis quelques temps sont très agréables du fait des paysages qu’on traverse et de la qualité des transports.

Sur place on retrouve Francine, son fils Manu ainsi que des amis, suisso-péruviens qui habitent dans le coin. On s’installe en début d’après midi à la terrasse d’un bistrot  pour discuter et goûter le fameux Torrontes, un vin blanc sec produit dans la région. La nuit tombée, on se décide à bouger, engourdi par le froid et un peu par le Torrontes aussi. Ils nous emmènent alors dans une pena, un restaurant où les gens viennent pour manger, de la viande principalement, tout en écoutant du folklore local. L’ambiance est au rendez-vous, les chanteurs et leur guitare se succèdent sur la petite scène. L’Argentine a la réputation de produire la meilleure viande au monde, censée être la plus tendre et la plus fine. Après s'être penché avec beaucoup de sérieux sur la question et sur notre assiette, on peut vous affirmer que cette réputation est totalement fondée. Le carré de bœuf, juste saisi sur la braise est à tomber par terre.

Après cette soirée mémorable, on rentre chez Francine, où on prend un dernier verre en dégustant la viande séchée maison de Manu. Il est en pleine élaboration d’une recette qui plairait aux argentins tout en gardant son coté authentique valaisan et espère lancer ce produit complètement inédit en Amérique du sud. Quand on connaît la qualité de la viande ici et qu’on combine ça aux recettes valaisannes, on peut imaginer le potentiel du produit fini. En tout cas, nous on est conquis.

Ca nous fait beaucoup de bien de se poser quelques jours ici, on se sent comme à la maison. L’endroit est superbe, perdu au milieu de la nature, les premiers voisins sont à plus d’un kilomètre. C’est le genre d’endroit d’où on arrive difficilement à repartir, et c’est un peu ce qui nous arrive.

Les animaux de compagnies sont nombreux chez Francine. Trois chiens, deux chats et surtout deux lamas. Ces derniers, loin d’être peureux, sont totalement apprivoisés. Ils répondent quant on les appelle, toujours curieux de savoir si on a quelque chose pour eux.

On s’éloigne lors d’une journée pour retourner à Cafayate et explorer la quebrada que nous avions traversée rapidement en bus en venant ici. On prend le temps d’entrer à l’intérieur, de parcourir les vallées creusées par les pluies. Les différents types de roches superposées, de toutes les couleurs, sont comme un mille-feuilles géant qui s’étire sur plusieurs kilomètres.

De retour à Cafayete, c’est l’heure des quatre heures, glace au Torrontes et au Cabernet Sauvignon.

Après six jours passés ici, on se décide un peu à contre cœur à continuer notre chemin vers le sud, en se promettant qu’on reviendra. Merci encore à Francine et Manu pour leur accueil plus que chaleureux.

Les photos par ici


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