Le plateau des Bolovens

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Publié le 15 Jan 2012 dans Laos

La ville de Paksé au sud du Laos n’a rien d’une destination de rêve. Quelques restaurants de rue et un temple défraichi sont les attractions phares de la ville. On y reste juste une nuit, pour recharger nos batteries après 24 heures de bus depuis Luang Prabang. Dès le lendemain matin, on loue une moto pour quelques jours histoire de découvrir la région par nos propres moyens. La soi-disant moto s’avère être une sorte de véhicule hybride avec des vitesses mais pas d’embrayage. Ce genre d’engin est très apprécié des laotiens puisqu’ils peuvent ainsi conduire d’une seule main, l’autre étant réservée à l’usage du téléphone portable. Deux trois frayeurs plus tard, l’engin est apprivoisé, reste plus qu’à réapprendre à rouler à droite… Une fois prêt, on part en direction du plateau des Bolovens, une région reculée du sud du Laos réputée pour son café, ses cascades et surtout ses habitants.

Première arrêt prévu sur notre carte : une cascade. Deux kilomètres de piste bien poussiéreuse nous mènent devant la chute de Tad Yuang. C’est joli, il y a de l’eau qui tombe, un grand bassin mais rien de vraiment extraordinaire. On zappe donc les quatre suivantes, une cascade par jour c’est bien suffisant. On fait une pause devant une ferme entourée de plantations de caféiers. Sur de grandes nattes, des grains de cafés sont mis à sécher au soleil. On prend des photos…de loin car le chien « bodybuildé » du coin ne semble pas vouloir nous laisser nous approcher.

On roule de village en village, s’éloignant de la « grande ville » pour peu à peu découvrir un Laos plus rural, plus authentique et bien plus à notre goût. A notre passage, les enfants nous font des grands signes, nous montrent du doigt…ou rarement partent en pleurant effrayé par la moto, ou plus vraisemblablement par notre accoutrement.  A chaque arrêt, on a droit à un petit attroupement de curieux, qui se demande bien ce que ces falangs (étrangers en laotien) font ici… Temps au niveau des paysages que du contact avec les gens on a un peu l’impression d’être revenu en Afrique.

On passe une nuit chez Christian et Nathalie, un couple franco-suisse rencontré sur Couchsurfing qui nous accueillent chez eux, à Sékong. Ils travaillent pour le SFE une organisation qui œuvre dans le domaine médical au Laos. Pour leur part, ils s’occupent d’un  projet de prévention pour la tuberculose dans les hameaux de montagnes et forment des « responsables santé » dans chaque village. Après un match de volley avec le personnel de l’hôpital ou ils travaillent, on passe la soirée ensemble à discuter. Première expérience Couchsurfing pour nous très concluante !

La nuit suivante on s’arrête à Tad Lo, village traversé par une magnifique rivière elle-même jalonnée de cascades. Toute la vie des habitants semblent tourner autour du cours d’eau : pendant que certains pêchent au harpon, à la nasse et au filet d’autres se lavent ou jouent dans les rapides. Les cultures sont sur les berges et le soir, les habitants viennent arroser leur jardin en puisant l’eau de la rivière.

Encore un jour de route et on est de retour à Paksé. Caro a le dos bloqué après ces quelques jours à porter un sac pour deux à l’arrière de la moto. Au vue de nos expériences passées dans les hôpitaux publiques, on opte pour le remède « AllezAllezCaPasseraAvecLeTemps ».

Le lendemain on part pour l’extrême sud du Laos appelé les 4000 iles. A cet endroit le Mékong devient tellement large (plus de 5 kilomètres) qu’il ressemble plus à un lac qu’à un fleuve. Il se sépare en plusieurs bras d’où émergent une multitude d’iles… d’où le nom.

Depuis Paksé, la solution la plus facile, mais aussi la plus chère reste le minibus pour touristes. On vient vous chercher devant votre hôtel et on vous dépose à destination après un voyage climatisé tout confort. Trop facile se dit-on, autant prendre les transports publics locaux comme à notre habitude. Première difficulté de la journée, tous les chauffeurs de tuk-tuk ont décidé de nous faire payer le prix « spécial touriste naïf ». Malgré nos négociations, après 30 minutes, on abdique et on paye un prix bien trop chère pour le trajet jusqu’ à la station de bus. De là, on cherche un transport pour l’ile de Khong, l’une des 4000 iles.  Après quelques nouvelles négociations avec le chauffeur ne parlant que laotien, on monte à l’arrière de sa camionnette à nouveau pour un prix qui nous semble peu correct. On passe trois heures à rebondir sur notre banquette (le dos de Caro apprécie),  à manger de la poussière, et à regarder le petit laotien à coté de nous vomir en continu les bananes que sa mère lui force à manger… on commence un peu à regretter le bus climatisé pour touristes. A destination, on a juste le temps de descendre que le chauffeur repart avec sa camionnette infernale dans un nuage de poussière. Une fois celui-ci retombé, il s’avère que l’on est en face de l’ile de Khone et non de Khong! Avec l’accent du chauffeur ça sonnait pareil…Ca y est maintenant on le regrette vraiment notre bus. N’ayant plus la force de refaire 30 kilomètres en arrière, on prend une pirogue et on rejoint l’ile la plus proche, l’ile de Det voisine de la fameuse ile de Khone.

Au final, l’endroit est plutôt sympa. Des maisons sur pilotis et des bungalows en bois se dressent entre l’unique route de l’ile et la rive. A part quelques camionnettes locales et des motos, il n’y a pas de circulation, c’est calme et reposant. Un ancien pont ferroviaire datant de l’époque coloniale relie l’ile de Det à celle de Khone (et non pas Khong !). Depuis celui-ci on observe les pêcheurs sur leur pirogue, descendant le Mékong, leur filet à l’affut des poissons chats. L'endroit est réputé pour ses couchers de soleil...à juste titre.

On passe trois jours sur notre ile, à se reposer et profiter du calme laotien. Dès demain, on rejoint la frontière Cambodgienne pour atteindre Kompong Chan et puis les temples d’Ankor le jour suivant.

Les photos


1 Commentaires

  1. ” AllezAllezCaPasseraAvecLeTemps ” : j’adore !

    Tous ces imprévus et péripéties qui donnent au voyage toute sa saveur.

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