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Surf in paradise

Publié le 06 Mar 2012 — par Nous
Catégories Australie

En s’imaginant camper en Australie, on se voyait déjà s’arrêter n’importe où et parquer notre campervan devant une plage ou dans un parc sans autre considération que de savoir si l’océan n’était pas trop éloigné. La réalité, quelque peu différente, nous a rapidement rattrapés. Aussi vaste l’Australie soit-elle, ou du moins sa côte est, les autorités ont réussi à placer presque partout des panneaux « camping interdit ». La seule possibilité restante étant d’utiliser les campings privés qui facturent en moyenne 25 francs par nuit. Quand on a une caravane de dix mètres de long, avec écran plasma, climatisation et bain moussant, le prix peut sembler correct ; mais pour notre voiture sans électricité, ça fait cher les deux mètres carrés d’herbes. Résultat, on se retrouve le plus souvent à essayer de se cacher pour passer la nuit, dissimulant notre véhicule vert pomme dans un coin sombre en espérant que les rangers ne nous remarquerons pas.

Pour notre sortie en mer dans les Whitsundays Islands, on n’a pas trop eu le choix, on a laissé notre van dans un camping pour la journée. A peine de retour, on plie bagages et on décide d’aller chercher un endroit où passer la nuit, à l’extérieur de la ville. Il pleut toujours des cordes et on apprécie que modérément de rouler de nuit dans ces conditions. On s’arrête rapidement dans un bled, un peu au milieu de nulle part. Le centre ville se résume à une grande route où se succèdent les bars qui diffusent une musique country. Les locaux semblent sortir tout droit d’un western : chemise à carreaux, chapeau de cowboy et accent difficilement compréhensible. Après un fish and chips dégoulinant de graisse, pris au bord de la route, on se pose sur le parking du club de bowling local.

Le lendemain on part plus au sud, le but étant de faire des kilomètres, afin de fuir ce climat tropical, un peu trop chaud et humide pour deux petits suisses. On fait un arrêt dans un centre commercial pour se ravitailler en nourriture. A l’image du pays, l’endroit est gigantesque. On a besoin d’une carte pour s’y retrouver, et malgré ça on s’y perd quelques fois. On fait nos provisions habituelles sans oublier les biscuits Tim-Tam, la seule spécialité culinaire du pays digne d’intérêt.

De retour à la voiture, celle-ci refuse de démarrer. Après un examen approfondi en usant de nos compétences de mécaniciens hors paire, le verdict tombe : on a laissé les phares allumés, la batterie est à plat. Voilà une bonne occasion de tester l’amabilité des australiens, un jour de grosse pluie sur un parking de supermarché. On interpelle tous les automobilistes à la recherche de quelqu’un ayant des câbles de pontage. Plusieurs personnes, sans les fameux câbles, viennent à notre secours, n’hésitant pas à plonger les mains dans le moteur, pour être sûr que c’est bien la batterie et pas autre chose. Après plus d’une heure, on trouve notre sauveur et on peut enfin repartir. Les jours suivants, on roulera sans clim et radio éteinte, de peur d’épuiser la batterie.

En descendant toujours plus au sud, on passe le tropique du Capricorne. Presque aussitôt, le soleil réapparait et on passe d’un chaud humide à un chaud sec, beaucoup plus agréable. Un peu comme si cette ligne imaginaire faisait réellement office de barrière entre le climat tropical du nord et celui plus continental du sud.

Les jours suivants sont principalement consacrés à la découverte, ou du moins à la tentative de découverte des animaux australiens. Tout d’abord à Mont repos, un centre scientifique qui tente de protéger les tortues marines qui viennent pondre sur les plages avoisinantes. On passe la soirée sur place, attendant patiemment que les rangers qui patrouillent sur la plage viennent nous chercher pour assister soit à une ponte soit à l’éclosion de bébés tortues. Pas de chance, on attend durant quatre heures sans qu’il ne se passe rien. Comme lot de consolation, on se rend quand même sur la plage à l’endroit où, le soir d’avant, des œufs ont éclos. Les rangers reviennent sur place pour compter les coquilles et ainsi estimer le nombre de naissances réussites. Par hasard, un bébé tortue est encore enfoui dans le sable, et semble avoir quelques problèmes à trouver la direction de la mer. On lui donne un coup de main et l’aiguille dans la bonne direction. Au final on aura quand même vu quelque chose.

C’est un peu par hasard, à Tin Can Bay, qu’on apprend qu’il est possible d’aller nourrir les dauphins du coin. A nouveau, des rangers sont en charge de ces animaux, les protègent, les étudient et les nourrissent afin de fidéliser leur venue. Ils viennent tous les jours de leur plein gré sur la plage et attendent leur ration quotidienne de poisson frais. On patiente deux bonnes heures qu’ils veuillent bien se montrer, n’ayant pas de montre à la nageoire ils se fient à la marée pour définir quand est l’heure du déjeuner. Habitués aux humains, on peut les nourrir, les pieds dans l’eau.

Dernière étape « animalière » de la semaine, on part marcher dans le parc national de Noosa. On peut parfois y voir des koalas qui font la sieste dans les arbres ou prennent leur déjeuner en croquant quelques feuilles d’eucalyptus. En trois heures d’observation, le résultat est mitigé : 0 koala mais 56 dindons...

Peu à peu, on devient doué pour trouver des endroits au bord de l’océan où s’arrêter, exempt de toute interdiction de camper. A chaque fois, on profite des nombreux barbecues publics mis à disposition pour se griller un steak de kangourou, la chasse au koala étant interdite, c’est la seule viande locale que l’on teste.

On mange souvent en compagnie de centaines de grenouilles. Les australiens les ont introduites il y a quelques années pour exterminer certains insectes nuisibles. Aujourd’hui elles sont tellement nombreuses qu’elles sont devenues à leur tour un réel problème.

On se met également au surf, ce sport est une vraie religion en Australie on se devait d’essayer au moins une fois. Des tous petits jusqu’aux retraités, ici rare sont les gens qui viennent à la plage sans leur planche sous le bras. Loin d’être facile, on passe pas mal de temps à boire la tasse avant d’arriver à se dresser sur la planche, pour quelques secondes. Encore quelques jours d’entrainement et on pourra rivaliser avec les pros du coin !

Les pros, les vrais, on finit par les voir. Dans une crique balayée par d’énormes vagues, cachée du reste de la plage, une bonne centaine de surfeurs patientent dans l’eau en attendant LA bonne vague. Le niveau est plutôt impressionnant, normal la ville du coin s’appelle Surfer Paradise…

Photos de beaux surfeurs tatoués