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Relax…

Publié le 09 Aug 2011 — par caro
Catégories Tanzanie

Après 2 nuits à mordre mon coussin sans pouvoir trouver le sommeil, des maux de dos qui m'empêchent de respirer et de manger, je décide de tester les soins tanzaniens. Tristan m’accompagne dans les ruelles de Stone Town à la recherche d’un médecin, d’un osthéo ou d’un physio, pensant que je me suis bloqué le dos. Nous restons bredouilles derrière les portes fermées des adresses de cliniques trouvées dans le Lonely planet, c’est dimanche aujourd’hui.

Nous nous retrouvons alors devant l'hôpital public. Les couloirs sont étroits, sombres et la salle d’attente en apparence vide. Après avoir payé 25 centimes pour ma consultation, je passe devant la vingtaine de personnes qui attendent en réalité 20 mètres plus loin, dans une minuscule  antichambre. Des adultes, des enfants qui se cachent et pleurent, des visages crispés, en sueur, des corps en transe… j’ai tellement honte d’être là juste pour une tension dans le dos !

Le médecin me reçoit dans une salle pleine de poussière, avec des seringues usagées sur le bord de l’évier. Un autre médecin consulte un jeune prématuré sur le même bureau, 2m à côté. Il me pose quelques questions, regarde mes yeux et me dit que j’ai probablement la malaria, que quelques tests sanguins s’imposent. Nous lui expliquons que ce n’est pas possible, que nous prenons un vaccin.

Il réfléchit pendant quelques instants, mordille son stylo et note sur l’ordonnance : Relax ! avant de nous tendre le papier et de s’adresser à la prochaine patiente, déjà assise à notre place.

Nous ressortons en riant peut-être aussi un peu pour masquer notre malaise face à cette souffrance devant laquelle nous sommes si impuissants.

Le matin suivant, j’ai beau me dire que je ne suis pas entrain de mourir en me comparant aux gens rencontrés la veille, je cède à la douleur et retourne dans un hôpital privé cette fois-ci. En 3 questions et 2 pressions sur mon estomac, le verdict tombe, j’ai une inflammation du tube digestif, le médecin me donne 3 médicaments et me somme de revenir demain pour une endoscopie. Cette fois-ci la consultation et les médicaments me couteront 12frs.

Le lendemain et à jeun, la boule au ventre à l'idée que l'on m'insère un tube pour voir ce qu'il se passe en moi, je me présente et demande à voir un médecin, les douleurs ayant disparues grâce aux médicaments pris, nous nous demandons si cela est vraiment nécessaire de pratiquer un tel examen. Le médecin qui nous a reçu la veille n’est pas là, mais son collègue, apparemment habitué aux pratiques de son confrère rit et nous dit que non, c’était une manière de se faire un peu plus d’argent…

Je repars soulagée en espérant ne pas devoir refaire d’autres p’tits détours dans les hôpitaux du monde.