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Huayhuash

Publié le 09 Jul 2012 — par Nous
Catégories Perou

On aurait pu finir notre année de voyage, à se reposer sur une plage, au chaud. Mais au lieu de ça, on préfère passer notre dernière semaine dans les montagnes, à user le peu de semelle qu’il reste sous nos chaussures.

On se rend à Huaraz dans la Cordillère Blanche. L’endroit est réputé pour ses randonnées dans les hauts sommets enneigés dont le plus haut, le Huascaran, culmine à 6768 mètres. En quelques heures, on s’organise un trek de quatre jours dans la Cordillère Huayhuash, située plus au sud. Moins accessible et donc moins touristique, on est obligé d’y aller en excursion privée. En d’autres mots, on part que les deux avec un guide du coin et du matériel pour quatre jours. Arès quelques heures de bus on atteint Llamac un petit village à 2800 mètres situé au pied de la Cordillère Huayhuash. Sur place on loue les services d’un muletier et de ses deux mules, qui nous accompagneront durant notre expédition. Avec de la nourriture, du  matériel de camping plus nos affaires personnelles, on arrive à environ 60 kilos, on ne peut donc pas tout porter nous-mêmes.

Le premier jour, on commence tranquillement. Onze kilomètres en pente douce nous mènent à notre premier camp situé à  3800 mètres. Les paysages sont grandioses. Le sentier traverse des vallées rocailleuses avec comme toile de fond les premiers sommets enneigés. Un chien se joint à nous depuis Llamac. Baptisé Charle-Andès par Caro, il nous suivra durant trois jours, toujours à l’affût de quelques restes de nourriture.

A cette période de l’année, il est censé faire environ 15° la journée et 0° la nuit. C’était sans compter sur un El Nino, très puissant cette année. En arrivant au premier campement, il commence à pleuvoir. Pluie qui se transforme rapidement en neige. A 8 heures, l’heure d’aller se coucher, la tente est déjà recouverte d’une fine couche blanche, on s’équipe donc en conséquence pour passer la nuit. Grosses chaussettes, bas, pull thermique, t-shirt, polaire, bonnet, écharpe, sac à viande, sac de couchage plus une bouteille d’eau bouillante glissée dans le sac et des chaufferettes. Malgré notre équipement, on passe une des pires nuit qu’il soit, impossible de dormir tellement on grelote, la température descendra jusqu’à -20°.

Au petit matin, la tente est gelée, les parois en toiles sont devenues solides, prises dans une épaisse couche de glace. Après un maté de coca et un porridge pour nous réchauffer, on commence à marcher avec les premiers rayons du soleil. Le givre ajoute une touche particulière aux paysages, figeant la végétation. On s’approche des hauts sommets qui deviennent de plus en plus imposants.

Cette deuxième journée de marche est particulièrement difficile, Caro est complètement à plat, minée par des maux de ventre. C’est le souffle court qu’on atteint le col de Pampa Rondoy à 4750 mètres. De là, on a une vue sur les sommets gelés et les glaciers de Huayhuash qui malheureusement sont partiellement pris dans les nuages.

S’en suit une longue descente en direction de la laguna Yahuacocha où nous passerons les deux prochaines nuits. A nouveau on est scotché par la vue ; la couleur de l’eau et des montagnes changeants sans cesse avec la lumière du jour qui décline.

La froideur de la nuit est à la hauteur de la première, on atteint même les -25°. Au matin, on hésite à raccourcir le trek et à rentrer le jour même, tant la perspective de passer une troisième nuit dans ces conditions nous semble insupportable. Les premiers rayons du soleil et un bon petit déjeuner nous décident à finalement continuer sur notre plan initial.

Le troisième jour on fait un aller retour jusqu’au col de Punta Yaucha à 4840 mètres, d’où on a une vue sur le reste de la Cordillère. Sur le sentier qui grimpe à pic, on rencontre des centaines de vaches qui vivent en toute liberté dans les montagnes. Elles n’appartiennent à personnes et semblent plutôt satisfaites de leur situation.

Étonnamment, la troisième nuit est plutôt chaude, la température ne descend pas au dessous de zéro. C’est une très bonne surprise et on se réveille en « pleine forme » à 5h30 pour attaquer le dernier jour. Une fois les tentes démontées et les mules chargées, on repart en direction de Llamac par un chemin différent. En quatre heures de marche on est de retour au village pour prendre le bus de 11 heures en direction de Huaraz.

Pour se féliciter de l’effort accomplit, on s’offre un lama en pâte, la version andine de nos célèbres bonhommes en pâte.

De retour à la civilisation, on apprécie particulièrement la douche chaude et le lit moelleux qui nous permet de passer une bonne nuit.

Photos de gros cailloux