Articles associés au tag ‘Vietnam’

Hors piste

Publié le 18 Feb 2012 — par Nous
Catégories Vietnam

Dans la nature du voyageur, il y a souvent cet entêtement à vouloir sortir des sentiers battus, à avoir envie de découvrir autre chose que ce que les tours opérateurs proposent dans leurs dépliants. Cette obstination, qui au final nécessite de prendre des transports inconfortables pour se retrouver dans des endroits paumés, où personne ne parle un mot d’anglais, où les hôtels miteux sont hors de prix et la bouffe souvent dégeu, s’explique peut-être par l’envie de jouer à l’explorateur. On veut aller là où les autres ne sont pas encore allés, être les premiers à découvrir un petit paradis ou simplement rencontrer le vrai visage d’un pays et ne pas se restreindre aux hauts lieux touristiques. C’est un peu dans cet état d’esprit que l’on commence notre remontée vers le nord du Vietnam. Après avoir suivi le grand axe classique Nha Trang, Hoi An, Hué, on a envie de voir autre chose.

Depuis Hué, on reprend un bus de nuit pour Hanoi. Le plan est de descendre en chemin à Ninh Binh pour rejoindre Tam Coc la soi disant « baie d’Along terrestre ». C’est à cinq heures du matin, sous une pluie fine qu’on nous jette hors du bus, littéralement au milieu de nulle part. « Ninh Binh, Ninh Binh» nous crie le chauffeur avant de repartir aussitôt. De toute évidence, on n’est pas au centre ville, ni même proche d’une station de bus. L’endroit ressemble plus à la banlieue lointaine de Ninh Binh. Fatigués et rapidement trempés, on décide de prend un taxi pour Tam Coc, c’est d’ailleurs, à ce qu’on a lu, la seule manière de rejoindre le bled puisqu’aucun bus public n’y va. Une fois au village, on continue quelques kilomètres pour arriver chez Loan, une vietnamienne qui tient une guesthouse un peu au milieu de nulle part, perdue entre les rizières et les formations rocheuses qu’on appelle  « formations karstiques» dans le coin. Le temps est splendide : brouillard, pluie fine et froid de canard. Après avoir récupéré un peu de notre nuit, on ressort le K-way, les grosses chaussures et on part en vélo dans les environs à la recherche d’une rameuse, prête à nous emmener sur les rivières du coin. On veut éviter la promenade officielle qui part du village et qui est souvent bondée de touristes vietnamiens. C’est donc dans la direction opposée que l’on se dirige, à travers les rizières. En chemin on fait une pause ananas, ils sont vendus au bord de la route pour quelques pièces.

Le dessin reste le meilleur moyen de communiquer, et après 10 minutes de « dessiner c’est gagné » avec une vieille dame qui possède une barque, on pense s’être fait comprendre sur le prix et la durée. En définitif, la promenade n’est pas tout à fait ce qu’on avait prévu… la petite dame nous mène bien en bateau, mais dans une grotte, et la balade ne dure que cinq minutes. Pour combler le temps qui reste (on était tombé d’accord sur une heure et demie) elle nous promène à droite et à gauche, nous montrant du doigt des rizières, des poules, des temples et encore des rizières « Beautiful, beautiful » nous répète-t-telle. Pour notre égo, on met ça sur le compte d’un problème de communication plutôt que d’imaginer que la vieille dame souriante nous a roulés comme des bleus.

Bornés, on retourne à nouveau au village pour un deuxième essai. En passant cette fois par une sorte de guichetier, qui prend une commission, mais qui parle au moins deux mots d’anglais, on arrive finalement à embarquer avec une dame sur sa barque. L’autre petite vieille est à nouveau là et nous regarde d’un sourire espiègle qui semble dire «Et ouais, je vous ai eu les cocos !».

Cette fois c’est bon, on part dans la bonne direction, et pas de grottes en vue. On parcourt pendant une heure les canaux naturels qui serpentent entre les pics montagneux et les rizières environnantes. Le cadre est magnifique, tout est calme et serein, ça nous change du bouillonnant Vietnam qu’on a connu jusque-là.

La fièvre du « hors des sentiers battus » continue. Au lieu de la célèbre Baie d’Along, on décide d’essayer de rejoindre la Baie de Tu Long, similaire mais plus éloignée et beaucoup moins fréquentée. Retour à Ninh Binh à nouveau en taxi (ca fait pas très aventurier), où on achète des billets pour Bay Chai, notre premier arrêt en direction de la fameuse baie. Le temps d’aller boire un café, la dame nous rappelle avec des grands signes. Ne parlant pas l’anglais, elle utilise Google traduction pour nous communiquer son message. Cela donne : «Le flanc du bus existant n’est plus possible » qu’on comprend comme « Il n’y a plus de bus » ou quelque chose du genre. Changement de programme, on prend un autre bus qui part deux heures plus tard pour Haiphong.

Le trajet est long, les paysages composés d’usines et de mines de charbons et les autres passagers vraiment pas sympathiques. A destination, on essaye de se renseigner pour la suite. De chaque personne, on obtient une réponse différente. « Il n’y a plus de bus pour Bay Chai », « Il faut aller à la gare routière du nord », « Attendez ici une heure », « Achetez moi plutôt des bananes, c’est pas cher». Finalement, on n’écoute que notre bon sens, on traverse toute la ville pour changer de gare routière et on reprend un autre bus pour Bay Chai. Cette fois, on nous dépose, de nuit, au bord de l’autoroute. Le chauffeur insiste à nouveau « Bay Chai, Bay Chai » sans grande conviction. Nous et les chauffeurs de bus, une vraie histoire d’amour. Trop crevés, on décide de passer la nuit ici (dans la ville, pas au bord de l’autoroute). On partage notre hôtel avec un groupe d’une vingtaine de vietnamiens complètement bourrés en train de se siffler des bouteilles d’alcool maison. Ils font une pause dodo à minuit pour reprendre à cinq heure du matin. Le lendemain, on reprend encore un dernier bus pour enfin atteindre Cai Rong, ça y, est on y est! La ville possède quelques hôtels pas franchement accueillants. Une chambre trouvée, on part en direction du port, à la recherche d’un bateau qui voudra bien nous conduire dans la baie. C’est finalement un propriétaire d’un petit bateau à moteur qui nous emmène. On sort du port, dépassant les maisons flottantes qui s’accrochent les unes aux autres. Sur chacune d’entre elle, un chien monte la garde. Ces toutous passent leur vie sur ces radeaux sans jamais rejoindre le bord. Les premières formations karstiques sortent peu à peu de la brume, la grisaille ambiante ajoute une touche irréelle au tableau. On est seul au monde, perdu au milieu de cette baie magnifique. Ca en valait la peine, on ne regrette pas nos interminables transports pour arriver ici !

On passe la nuit à Cai Rong pour dès le lendemain rentrer sur Hanoi. Pas besoin de réveil, puisque la propriétaire décide de hurler dans les couloirs dès 6 heure du mat et ce pendant une bonne demi-heure. On essaye à notre tour de hurler pour lui faire comprendre que ce n’est pas très agréable le matin de se faire réveiller de la sorte, mais elle « semble » ne pas saisir, elle hurle encore plus. Finalement, c’est à nouveau les dessins qui nous aideront à nous faire comprendre.

Nos trois derniers jours à Hanoi sont consacrés à se reposer, faire la lessive, acheter des souvenirs et quelques bidules pour l’Australie et bien sur manger (en compagnie de Maga et Philippe qu'on a avait rencontré au Cambodge). La ville possède un certain charme sans pour autant être magnifique. Beaucoup d’anciens bâtiments sont encore là et la ville ne s’est presque pas développée en hauteur. Les petites ruelles étroites où se côtoient les magasins chics et les bouibouis forment le cœur de la vieille cité. On s’y perd facilement et avec plaisir, pour à chaque fois tomber sur quelque chose de nouveau. Par contre, la circulation est une vraie plaie, les scooters sont partout, ils semblent s’être donnés la priorité sur les routes comme sur les trottoirs. Dès le moindre faux pas, on se fait remettre à l’ordre par un bon coup de klaxon ou un coup de rétro dans l’épaule.

On quitte le Vietnam le 17 février. Petite escale de dix heures à Hong Kong où on fait le plein de sushis et d’habits H&M, avant de reprendre l’avion à destination de Cairn.

Photos brumeuses

Prendre le temps de…

Publié le 14 Feb 2012 — par Nous
Catégories Vietnam

Nous quittons le sud du Vietnam en bus couchettes dans lesquelles Tristan expérimente la petitesse des vietnamiens. Les jambes trop longues, il doit faire preuve d'un peu d'imagination pour pouvoir s'étendre. Les casiers à bagages changent alors d'utilité...ce qui fait bien marrer les autres passagers.

Après une nuit bien secouée, nous arrivons à l'aube à Hoi An. Avant de pouvoir redormir un peu, le temps que notre chambre se libère, nous déambulons dans la ville qui se réveille gentiment.

Le soir, nous sortons pour souper et découvrons des rues animées. Quinze jours après le nouvel an (le fameux), c’est la fête des lanternes. Les maisons sont décorées de flambeaux en soie, des autels avec des offrandes trônent sur les trottoirs et les habitants sortent dans les rues pour manger ou poser un petit bateau-bougie sur l’eau en guise de bons hospices pour cette nouvelle année. Nous nous imprégnons de l’ambiance festive et goûtons de petits gâteaux de rues aux patates douces, vraiment bon !

Nous trouvons ensuite un café incroyablement bon (nous y retournerons du coup tous les jours) dans lequel nous testons les spécialités culinaires de la ville, le Wonton, soupe de légumes, bœuf et ananas, les rouleaux de printemps aux crevettes, le Cau Lau entre autres et la bière pression, à 15 cts la choppe… on ne se fait pas prier. La cuisine de Hoi An on adore !

Il y a aussi le fameux café vietnamien, qu’on place dans un récipient métallique au dessus d’un verre. On attend patiemment que le verre se remplisse, goute après goute. Au final, il est ultra corsé et on l'accompagne souvent d’un peu de lait condensé.

La spécialité ici, non culinaire cette fois-ci, est le sur mesure. Un tas de magasins confectionnent costards, chaussures ou tous autres vêtements dont vous montrerez une photo. On hésite, ça nous fait envie, mais transporter un manteau d’hiver n’est pas très raisonnable… dommage !

L’atmosphère de Hoi An nous pousse à prolonger notre séjour. Nous prenons notre temps et optons pour une sortie par jour, on ne se stress pas. D’abord, balade dans la vieille ville, interdite aux voitures, classée et préservée par l’Unesco. Elle fut autrefois un important port maritime et garde aujourd’hui quelques influences notamment chinoises ou japonaises dans son architecture. Nous visitons de vieilles demeures où des familles vietnamiennes habitent encore aujourd’hui. Nous apprenons qu’ici la rivière sort de son lit chaque année, de parfois de plus de 2m. Les habitants ainsi que leurs proches sont alors contraints de déplacer tous leurs meubles au premier étage. Après cette révélation, nul ne doute que vous serez de la partie pour nous aider à notre retour, finalement nous, c’est pas chaque année…

Il y a aussi les maisons de communes, où se rassemblaient les communautés chinoises de l’époque à des fins sociales, culturelles ou commerciales. Ces dernières sont aujourd’hui pour la plupart transformées en temple.

Puis, petit tour à vélo, jusqu’à la plage de Hoi An, un coin prisé des vietnamiens durant le week-end.

Nous remontons ensuite de quelques kilomètres et découvrons Hué, sous la pluie. Le temps est gris et les températures chutent. Nous prenons tout de même le temps de découvrir la vieille ville et sa citadelle. Les bombardements de la guerre n’ont pas laissé grand-chose debout. Malheureusement, le manque d’entretien et de restauration le montre bien. Nous n’apprécions que moyennement la visite et la ville et repartons déjà, après une seule journée passée ici.

Quelques autres photos

Un p’tit détour par le p’tit Paris

Publié le 07 Feb 2012 — par Nous
Catégories Vietnam

On quitte la chaleur étouffante des rues de Ho Chi Minh pour Dalat, station climatique des hauts plateaux du centre vietnamien. La ville fût « découverte » par les français au début du 20ème qui en firent leur résidence d’été. Communément appelé le petit Paris, on retrouve aujourd’hui encore de nombreuses traces de leur passage telles que les grandes villas au style colonial, le port du béret ou la tour radio copiant la tour Eiffel.

Rituel maintenant bien établit, à peine arrivé on se met en quête d’un hôtel correct où poser notre maison. Devoir continuellement refaire son sac pour bouger d’endroit devient un peu pénible pour nous, on se réjouit d’être en Australie pour avoir une maison mobile et ne plus devoir refaire notre sac pour quelques temps. En attendant, on recommence nos recherches. On se perd quelques fois dans les rues sinueuses et pentues de la ville avant de trouver notre bonheur : une chambre gigantesque, un grand lit avec des draps tout propres et surtout une salle de bain avec une douche chaude.  Après deux mois à 30° en moyenne, les 15° de Dalat nous font l’effet d’un véritable hiver!

On part découvrir une des maisons les plus étranges du coin, la folie Hang Nga, du nom de sa propriétaire, une architecte vietnamienne ayant étudié à Moscou. Sûrement pour contraster avec le style austère soviétique, cette Madame Nga entreprit de construire un hôtel très particulier, à Dalat, sa ville d’origine. Mélange architectural entre Gaudi et le monde d’Alice au pays des merveilles, on ne retrouve dans cette demeure que peu de lignes droites et d’angles. Les bâtiments ont la forme de troncs d’arbres gigantesques ou d’animaux sur lesquels des escaliers sinueux s’enroulent. La nature est omniprésente, les véritables végétaux se mêlant avec les faux. Les chambres, toutes différentes, s’apparentent plus à des terriers ou des grottes. D’ailleurs, on peut loger dans la chambre de la fourmi, de l’ours ou encore du kangourou. On aime beaucoup l’endroit et on passe pas mal de temps à explorer et à se perdre dans les dédales de la maison.

 

Dalat est aussi réputé pour son climat doux qui permet la culture d’un grand nombre de fruits, légumes et fleurs. On visite le jardin botanique et potager de la ville qui donne une bonne idée de tout ce que l’on cultive dans la région.

Le raisin permet la production de vins renommés dans tout le pays. On les goûte, regoûte et reregoûte pour être vraiment sûrs, et on est plutôt surpris par la qualité très peu homogène. Certains s’apparentent plus à un mélange d’alcool de riz et de jus de raisin alors que d’autres rivaliseraient presque avec un la Clavenière grand cru classé…c’est dire !

Les artichauts sont aussi beaucoup cultivés, mais on ne les mange que rarement. Ils sont principalement utilisés en tisane, censée être bénéfique pour les reins et le foie. Parfait après un excès de vin local.

Finalement, les fraises sont utilisées pour la production de confitures, elles aussi vendues à travers tout le pays. S’apparentant à une sorte de mélasse rouge, elles accompagnent parfaitement une tisane d’artichaut lors des matins difficiles…

Après cette escapade montagnarde, on redescend vers la mer en rejoignant Nha Trang. Véritable station balnéaire du Vietnam, l’endroit semble fort apprécié des touristes russes. Les noms des hôtels et les menus sont en caractère cyrillique, et on entend des « spacibo » et «na zdorovye » à tous les coins de rue. Nos amis les russes n’étant pas très doués dans l’art de se fondre dans le paysage et la culture asiatique, on a un peu l’impression d’être en vacances à Moscou…le froid en moins.

On profite tout de même de la plage, qui, il faut l’avouer, n’est pas mal du tout. On apprécie prendre notre déjeuner : croissant, jus de fruit frais les pieds dans le sable.

Les vagues énormes ne permettant pas de longues baignades, on se fait balayer par les rouleaux qui nous ramènent au bord l’un après l’autre, la bouche salée et du sable plein le maillot.

Photos